Le projet

En 2014, Le Rivage du Val St-François, un organisme en santé mentale de la région de l’Estrie, a pris la décision de transiter vers un modèle de gestion participative. Décision qui peut sembler banale pour certains, insignifiante pour d’autres, mais qui entraina une cascade de changements et de complexes réflexions.

Note : afin d’alléger le texte, le nom « Le Rivage » sera utilisé au lieu du nom complet Le Rivage du Val St-François

Un principe en évolution

Encore aujourd’hui au Rivage, la gestion participative est un principe constamment réfléchi par les employées et les membres de l’organisme.

C’était bien beau sur le papier, la gestion participative, mais bien plus complexe à appliquer dans la réalité. Y allant d’essais créatifs à erreurs nécessaires, le Rivage a finalement réussi à naviguer au travers des vagues parfois tumultueuses qu’implique le principe de la gestion participative. Ce ne fut pas une quête facile. Il y eut des embûches, il y eut des remises en question, des envies de changer d’idées et beaucoup, beaucoup de réflexions et de discussions.

Lorsque les employés du Rivage entreprirent ce virage, il y avait alors peu de documentations sur le sujet. Ce dont ils auraient eu besoin, à ce moment, aurait été d’un guide, quelque chose de concret qui aurait pu faciliter le processus.

Psst : Pour alléger le texte, nous dirons Rivage au lieu de Rivage du Val St-François.

Témoignage
« Le Rivage a toujours eu une approche égal à égal et au fil des années, ça allait de soi de faire plus de place pour les membres (dans la gestion de l’organisme). Pour favoriser la participation et la mobilisation, on voyait vraiment que si les gens sont impliqués depuis le début dans les décisions, ils auront plus envie de participer.

On a commencé à inclure le plus grand nombre de personnes possible dans la gestion. On a commencé à le faire avec le conseil… d’administration. Actuellement, 6 personnes sur 7 sont des membres de l’organisation alors que la septième personne est une personne travailleuse.

Le premier espace où les personnes ont commencé à donner leur opinion, c’est le comité de vie associative en 2004. C’est dans ce comité que les personnes peuvent donner leurs opinions sur comment ils veulent faire les choses. Par exemple, les travailleuses ne décident pas d’animer des activités d’écriture, mais si les membres veulent des ateliers d’écriture, on va les aider à mettre cet atelier en place. On a ensuite voulu inclure les membres à participer aux plus grosses prises de décisions et on a créé le comité budget. Ça nous a pris huit ans pour arriver à notre objectif qui était d’amener les membres à participer au budget. »

–Sophie

Une boîte à outils

Cette boîte à outils vient donc d’une initiative du Rivage pour offrir aux organismes qui le souhaitent, la possibilité de réfléchir à la gestion participative. C’est le guide que le Rivage aurait voulu avoir. Alors ils l’ont créé.

Malheureusement, malgré mes recherches fastidieuses, je n’ai trouvé aucune recette ou formule magique pour créer une parfaite gestion participative. Ce guide se veut donc davantage un outil de réflexion qu’un mode d’emploi Ikea.
Ce guide s’adresse à tout le monde :

Ce que c’est :

Une boîte à outils pour la gestion participative

Une opportunité de réfléchir et peut-être de trouver des réponses à des questions

Ce qu’il n’est pas :

Un mode d’emploi exposant LA bonne manière de faire

Une recherche scientifique

Une formule magique

Ce guide a été écrit en collaboration avec une belle ribambelle d’individus colorés et passionnés incluant les membres et travailleurs et travailleuses de plusieurs organismes communautaires de la région de l’Estrie et d’ailleurs :

  • La Cordée – Ressource alternative en santé mentale (Sherbrooke), le Tremplin 16-30 (Sherbrooke), Accès Droits Outaouais, le Centre de formation Populaire, Le Phare – Source d’entraide (Cowansville), L’Ensoleillé – Ressource communautaire en santé mentale (Lac Mégantic)
  • Les travailleuses du Rivage
  • Les membres du Rivage

Ce projet n’aurait pas pu être possible sans la participation du Gouvernement du Québec, soit Le Secrétariat à l’action communautaire autonome et aux initiatives sociales (SACAIS).

C’est aussi une boîte à outils multisensorielle ! En plus du guide illustré, vous trouverez également un balado-documentaire que nous avons co-réalisé avec Jean-François Vachon, un professionnel du documentaire, ainsi qu’une capsule vidéo réalisée parJean-Sébastien Dutil.

Le Rivage du Val St-François est un organisme communautaire de la région de l’Estrie, qui couvre plus spécifiquement le Val-Saint-François, offrant avec l’aide des partenaires des actions dans les trois pôles du Val-Saint-François. C’est un organisme alternatif en santé mentale : Toute personne souhaitant soutenir la mission du Rivage peut devenir membre et participer activement aux actions et aux activités de la ressource. Tout le monde est accueilli dans ses défis selon ses besoins, diagnostic ou non.

Ainsi, pour répondre à la mission de l’organisme, la gestion participative semblait une avenue intéressante. En intégrant les membres à la gestion de l’organisme, on répond donc directement à la mission, en plus de faire sens avec les valeurs. Depuis ce tournant, la gestion participative est au cœur de l’organisme, amenant son lot de défis, mais aussi de belles réussites.

Les valeurs du Rivage sont les suivantes :

La mission du Rivage est de favoriser l’intégration et le maintien dans la communauté des personnes qui vivent ou qui ont vécu avec une problématique de santé mentale. Pour ce faire, l’organisme s’est doté de principes d’action. Parmi ces principes, le thème du collectif ressort.

Au Rivage, il est primordial de construire une identité tournant vers le « nous » et non vers le « je ». Autant pour les employé(e)s que pour les membres. Par exemple, lors de rencontres de comité, nous sommes appelés à prendre des décisions en fonction du plus grand nombre, c’est-à-dire de l’entièreté des membres, même s’ils ne sont pas tous présents. Les décisions sont prises selon la mission, les valeurs, les principes et les façons de faire. Ainsi, peu importe le nombre de personnes présentes aux comités, on s’assure que les décisions prises répondent au besoin de l’organisme.

Au cours de votre lecture, vous rencontrerez différents acteurs du Rivage qui en ont beaucoup à dire sur la gestion participative.

Comment ça se vit au Rivage ?

Au Rivage, la gestion participative, c’est pas juste une idée : c’est quelque chose qu’on met en pratique chaque jour.

Il y a plusieurs comités ouverts à tous, affichés dans le calendrier (qui est d’ailleurs créé par une membre !)

Dans ces comités, on discute de plein de sujets. Par exemple, dans le comité Vie associative, les membres peuvent proposer des idées d’activités ou d’ateliers. Ensuite, on s’organise ensemble pour que ces idées prennent vie.

Si les membres souhaitent qu’une activité se réalise, ils doivent nécessairement s’impliquer, mettre la main à la pâte. Le but n’est pas de proposer des activités et d’attendre que les employées les mettent sur pied, mais plutôt de travailler tout le monde ensemble à les réaliser.

Témoignage
« Si je devais donner ma propre définition, je dirais que la gestion participative, c’est ouvrir l’espace pour que le plus de monde possible puisse participer aux décisions de l’organisme ».

–Natacha, responsable de la gestion participative et de la vie associative au Rivage

Les 3 grands principes de la gestion participative

Selon la formation du CFP, trois piliers sont essentiels :

PILIER #1

Circulation de l’information

C’est être transparent dans les décisions prises et s’assurer que l’info circule bien entre le C.A., les membres et les employé(e)s. L’idée, c’est de favoriser une communication claire, honnête et accessible à toutes et tous.

PILIER #2

Consultation

C’est encourager les membres à s’impliquer ensemble pour faire avancer les choses, toujours en lien avec la mission de l’organisme. Sans mobilisation, la gestion participative ne peut pas exister.

PILIER #3

Mobilisation

Chaque organisme va vivre la gestion participative à sa manière. Il n’y a pas de recette magique, mais plutôt : des essais-erreurs du temps et beaucoup de bienveillance

Un modèle vivant

Chaque organisme va vivre la gestion participative à sa manière. Il n’y a pas de recette magique, mais plutôt : des essais-erreurs du temps et beaucoup de bienveillance

Témoignage

« Quand j’ai passé une journée ici et que je reviens à la maison je me dis WOW ! Je suis allé chercher ce que j’avais de besoin. Je sens que je m’applique plus, je participe plus aussi. Je me permets de parler de plus en plus. »

Employée d’un organisme communautaire

« La gestion participative, c’est aussi ça : demander aux gens ce qu’ils sont prêts à faire pour aider un plus grand nombre. Et c’est entre autres ça qui fait en sorte qu’on se sent chez soi, inclut, qu’on fait partie de la gang. Ça nous ressemble. »

Julie, membre du Rivage

« Le fait d’interagir et d’amener des idées : tu te découvres un peu là-dedans. Ça t’apprend comment aider les autres, mais aussi comment t’aider toi-même. »

membre de la Cordée, ressource alternative en santé mentale
« Quand je sors d’ici et que je reviens chez nous, j’applique ! J’applique ce que j’ai appris dans la journée en étant en contact avec les autres. »
membre de la Cordée, ressource alternative en santé mentale

Téléchargez notre guide gratuitement en format numérique